À retenir
- Les obligations de l'employeur démarrent dès le premier salarié, même à temps partiel : DPAE, registre unique du personnel, DUERP, mutuelle collective, visite d'information et de prévention, DSN mensuelle.
- La DPAE part au plus tôt 8 jours avant l'embauche et au plus tard avant la prise de poste. L'oublier coûte 1 305 € de pénalité par salarié, et bien plus si l'on parle de travail dissimulé.
- Les seuils de 11 et 50 salariés ajoutent des obligations (CSE, DUERP mis à jour chaque année, règlement intérieur), mais le socle reste le même pour une TPE de 1 ou de 9 personnes.
- Depuis fin 2025, l'entretien professionnel est devenu l'entretien de parcours professionnel : un premier dans l'année qui suit l'embauche, puis tous les 4 ans.
Les obligations de l'employeur dans une TPE tiennent en deux blocs : des formalités à accomplir autour de l'embauche (déclaration, registre, contrat, suivi médical) et des devoirs permanents envers le salarié (le payer au bon niveau, protéger sa santé, l'informer, le former). Le tout s'applique dès le premier salarié, sans période de rodage. Concrètement, entre la décision de recruter et la fin de la première année, un dirigeant doit accomplir une douzaine de démarches, dont la moitié avant même le premier jour de travail. Ce guide les remet dans l'ordre chronologique, précise ce qui change à 11 et à 50 salariés, et chiffre les risques avec les montants en vigueur en 2026.
Ce que la loi impose dès le premier salarié
Il n'existe pas de régime allégé pour « petit employeur ». Une boulangerie qui recrute un vendeur à mi-temps a les mêmes devoirs de base qu'une PME de quarante personnes. L'effectif ajoute des étages, il ne change pas les fondations.
Le principe général tient dans l'article L4121-1 du Code du travail : l'employeur « prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ». La gestion du personnel en TPE se range ensuite en quatre familles :
- Déclarer : la DPAE avant l'arrivée, puis la DSN chaque mois.
- Tenir des documents : registre unique du personnel, DUERP, bulletins de paie, affichages.
- Protéger : suivi médical, prévention des risques, complémentaire santé.
- Faire évoluer : formation, adaptation au poste, entretien de parcours professionnel.
À cela s'ajoute une contrainte que beaucoup découvrent tard : la convention collective. C'est l'accord négocié par les représentants des employeurs et des salariés d'une branche (le commerce de détail, le BTP, les bureaux d'études…) qui complète le Code du travail. Elle peut imposer un salaire minimum supérieur au SMIC, une prime d'ancienneté, une période d'essai plus courte ou des garanties de prévoyance. Chaque convention porte un numéro, l'IDCC, qui permet de la retrouver sur Legifrance. Avant de rédiger la moindre offre, prenez le temps de trouver la convention collective applicable à votre activité : c'est elle qui fixera le salaire plancher et une partie des clauses du contrat.
Avant l'arrivée du salarié : les démarches qui ne se rattrapent pas
Tout ce qui précède le premier jour concentre les erreurs les plus coûteuses. Une DPAE envoyée le lundi à 14 h pour un salarié arrivé à 9 h, c'est déjà un salarié non déclaré pendant cinq heures.
Recruter sans discriminer
L'offre d'emploi doit être rédigée en français (sauf exceptions), datée, et exempte de tout critère discriminatoire (âge, sexe, origine, situation de famille, santé…). La règle vaut aussi en entretien : une question sur un projet de grossesse expose l'entreprise à des poursuites. Si le candidat retenu est étranger hors Union européenne, l'employeur doit vérifier qu'il détient un titre l'autorisant à travailler en France.
La DPAE, déclaration préalable à l'embauche
La DPAE est la déclaration nominative que l'employeur adresse à l'Urssaf (ou à la MSA pour le régime agricole) avant toute embauche, quels que soient la durée et le type de contrat. Elle se fait en ligne sur net-entreprises.fr ou, pour une toute première embauche, sur urssaf.fr, ce qui crée au passage le compte employeur. Le calendrier est serré : au plus tôt 8 jours avant la date d'embauche, et au plus tard avant la prise de poste ou le début de la période d'essai.
Cette seule déclaration inscrit l'employeur au régime général et le salarié à l'assurance maladie, affilie l'entreprise à l'assurance chômage et aux caisses de retraite, et déclenche la demande de visite médicale. Une copie de la DPAE (ou son accusé de réception) doit être remise au salarié. Cette obligation est réputée remplie si le contrat écrit mentionne l'organisme destinataire de la déclaration.
Pour le détail des mentions à saisir et les cas particuliers (stagiaire, salarié agricole, embauche annulée), notre guide sur la déclaration préalable à l'embauche et ses délais reprend la démarche écran par écran.
Ce que coûte une DPAE oubliée
Pénalité administrative de 1 305 € par salarié concerné, en plus du rappel des cotisations non payées. Si l'oubli n'est pas intentionnel, l'amende pénale peut atteindre 1 500 €. S'il est intentionnel, on bascule dans le délit de travail dissimulé : jusqu'à 45 000 € d'amende et 3 ans d'emprisonnement pour une personne physique, 225 000 € pour une personne morale.
Adhérer à un service de prévention et de santé au travail
Le service de prévention et de santé au travail (SPST, l'ancienne « médecine du travail ») est obligatoire quelle que soit la taille de l'entreprise. Une TPE adhère à un service interentreprises proche de ses locaux, moyennant une cotisation annuelle par salarié. Ses coordonnées figurent dans la DPAE, donc l'adhésion doit précéder la déclaration. Dans la pratique, c'est souvent là que le calendrier dérape : l'adhésion n'est pas instantanée, il faut donc la lancer dès que la date d'embauche est connue.
Choisir le contrat et la période d'essai
Un CDI à temps plein peut, en théorie, rester verbal. Ne vous y risquez pas : seul l'écrit prouve le salaire, les horaires et la période d'essai convenus. CDD, temps partiel et apprentissage l'exigent de toute façon. Pour un CDI, la période d'essai initiale ne peut dépasser 2 mois pour un employé ou un ouvrier, 3 mois pour un agent de maîtrise ou un technicien, 4 mois pour un cadre. Elle n'est renouvelable qu'une fois, et seulement si un accord de branche étendu le prévoit, si le contrat le mentionne et si le salarié donne son accord écrit. Les nuances entre CDD, CDI et durées conventionnelles sont développées dans notre guide sur la période d'essai en CDD et en CDI.
Le jour J et le premier mois : informer, inscrire, assurer
Inscrire le salarié au registre unique du personnel
Le registre unique du personnel est la liste chronologique de toutes les personnes qui travaillent dans l'établissement. L'article L1221-13 du Code du travail impose d'y porter le nom de chaque salarié « au moment de l'embauche et de façon indélébile ». Il doit être ouvert dès le premier salarié, ou dès l'arrivée d'un stagiaire, qui figure dans une partie spécifique. Mentions obligatoires : nom, nationalité, date de naissance, sexe, emploi, qualification, dates d'entrée et de sortie, et selon les cas la nature du contrat (CDD, temps partiel, apprenti) ou la référence du titre de travail d'un salarié étranger. Classeur ou fichier numérique, peu importe le format. L'absence de registre, ou un registre incomplet, peut coûter jusqu'à 750 € d'amende par salarié concerné.
Remettre les informations écrites dans les délais
Depuis la transposition de la directive européenne sur des conditions de travail transparentes, l'employeur doit remettre au salarié un ou plusieurs documents écrits, selon deux échéances :
- Au plus tard le 7e jour calendaire après l'embauche : identité des parties, lieu de travail, intitulé du poste, date d'embauche, durée et conditions de la période d'essai, éléments de rémunération, durée du travail, conditions des heures supplémentaires.
- Au plus tard un mois après : droit à la formation, durée des congés payés, procédure en cas de rupture, conventions collectives applicables, régimes de protection sociale, contrats de prévoyance et de frais de santé.
Un contrat bien rédigé couvre la première liste. Pour la seconde, une notice d'accueil d'une page suffit souvent.
Mettre en place la complémentaire santé collective
Tout employeur privé doit proposer une complémentaire santé collective à l'ensemble de ses salariés, sans condition d'ancienneté. Trois conditions : l'employeur finance au moins 50 % de la cotisation, le contrat respecte un panier de soins minimum, et l'adhésion est obligatoire pour le salarié, sauf cas de dispense prévus par les textes (salarié déjà couvert par ailleurs, certains contrats courts…). La convention collective peut imposer un organisme recommandé ou des garanties supérieures. Et pour un salarié cadre, une prévoyance est en général exigée.
Afficher les informations obligatoires
Dès le premier salarié, certaines informations doivent être affichées dans un endroit accessible (salle de pause, couloir), d'autres peuvent être communiquées « par tout moyen », intranet ou courriel compris. Pour une entreprise jusqu'à 10 salariés, l'affichage physique concerne notamment : les coordonnées de l'inspection du travail et du médecin du travail, les numéros des services de secours, les consignes de sécurité incendie, les horaires collectifs de travail et le numéro du service d'accueil téléphonique contre les discriminations (09 69 39 00 00). S'y ajoutent, par tout moyen, l'accès à la convention collective et les textes sur l'égalité salariale.
Le calendrier complet, de J-8 à la quatrième année
Les obligations sont souvent listées en vrac. Or c'est l'enchaînement qui piège. Voici la liste rangée par échéance, pour un CDI non cadre sans risque particulier.
| Échéance | Obligation | Auprès de qui |
|---|---|---|
| Avant tout | Identifier la convention collective (IDCC) et le salaire minimum de branche | Legifrance, code du travail numérique |
| Avant la DPAE | Adhérer à un service de prévention et de santé au travail | SPST interentreprises |
| Avant la DPAE | Souscrire la complémentaire santé collective | Mutuelle, assureur, institution de prévoyance |
| Entre J-8 et la prise de poste | DPAE | Urssaf (net-entreprises.fr ou urssaf.fr) |
| Jour J | Inscription au registre unique du personnel, remise de la copie de DPAE ou du contrat | En interne |
| Jour J | Information sur les risques du poste et sur l'entretien de parcours professionnel | En interne |
| J+7 (calendaires) | Remise des informations essentielles écrites (poste, salaire, horaires, essai) | Au salarié |
| Fin du premier mois travaillé | Bulletin de paie | Au salarié |
| Le 15 du mois suivant | Première DSN et paiement des cotisations | net-entreprises.fr |
| J+1 mois | Informations complémentaires (congés, formation, rupture, conventions) | Au salarié |
| Dans les 3 mois | Visite d'information et de prévention | SPST |
| Dans la première année | Premier entretien de parcours professionnel | En interne |
| Tous les 4 ans | Entretien de parcours professionnel suivant | En interne |
Deux exceptions raccourcissent ce calendrier : un travailleur de nuit ou un salarié de moins de 18 ans passe sa visite avant l'affectation, un apprenti majeur dans les 2 mois. Les postes à risque (amiante, rayonnements ionisants…) relèvent d'un suivi individuel renforcé avec examen d'aptitude. Si vous pensez à l'alternance pour une première embauche, notre guide sur le recrutement du premier salarié, étape par étape détaille aussi les spécificités du contrat d'apprentissage.
Payer, déclarer, cotiser : la mécanique mensuelle
Le salaire minimum en 2026
Le SMIC a été revalorisé deux fois cette année. Depuis le 1er juin 2026, il s'établit à 12,31 € brut de l'heure, soit 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures hebdomadaires (contre 12,02 € et 1 823,03 € au 1er janvier). Verser moins expose à une amende de 1 500 €, sans compter les dommages et intérêts. Mais le vrai piège, pour une TPE, se trouve ailleurs : le minimum conventionnel. Si la grille de votre branche prévoit davantage pour le coefficient du poste, c'est elle qui s'applique. Et quand le SMIC augmente en cours d'année, certaines grilles se retrouvent en dessous : l'employeur complète alors jusqu'au SMIC.
Exemple : une gérante de salon de coiffure embauche une salariée à temps plein au 1er juillet 2026 à 1 867,02 € brut. Si la grille de sa branche prévoit davantage pour l'échelon retenu, la différence est due dès le premier mois. Ce brut n'est pas non plus le coût final : s'y ajoutent les cotisations patronales, réduites par la réduction générale dégressive unique pour les salaires inférieurs à 3 SMIC. Pour chiffrer l'ensemble avant de signer, voir notre guide sur le coût réel d'un salarié pour l'employeur.
Bulletin de paie et DSN
L'article L3243-2 du Code du travail impose un bulletin de paie à chaque versement du salaire, électronique sauf opposition du salarié, avec l'intitulé de la convention collective.
La DSN est la déclaration mensuelle unique, transmise en ligne, qui remplace la plupart des anciennes déclarations sociales. Elle informe en une fois l'Urssaf, les caisses de retraite complémentaire (Agirc-Arrco), l'administration fiscale pour le prélèvement à la source et les organismes de prévoyance. Une entreprise de moins de 50 salariés la transmet au plus tard le 15 du mois suivant la période travaillée. C'est aussi la DSN qui affilie le salarié à la retraite complémentaire.
Faut-il externaliser la paie dès le premier salarié ? Rien ne l'impose. Mais avec des taux qui bougent au 1er janvier, et parfois en cours d'année comme le SMIC cette année, l'erreur artisanale coûte vite plus cher qu'un logiciel.
Santé et sécurité : le DUERP et le suivi médical
Le document unique d'évaluation des risques professionnels
Le DUERP recense les dangers présents dans l'entreprise, évalue les risques qu'ils font courir aux salariés et liste les actions de prévention retenues. Il est obligatoire dès le premier salarié. Aucun modèle n'est imposé, et plusieurs branches (propreté, bâtiment) proposent des outils gratuits. L'escalier est un danger, la chute dans l'escalier est un risque. Pour une agence de communication de trois personnes, le DUERP tiendra en quelques pages (écrans, postures, charge de travail, déplacements). Pour un atelier de menuiserie, il sera nettement plus épais.
En dessous de 11 salariés, il est mis à jour à chaque changement important des conditions de travail ou quand une nouvelle information sur un risque apparaît. À partir de 11, une mise à jour au moins annuelle s'ajoute. Les versions successives sont conservées 40 ans. Côté sanctions : jusqu'à 1 500 € d'amende pour une personne physique (3 000 € en récidive), 7 500 € pour une personne morale, et une amende administrative pouvant atteindre 4 000 € par travailleur concerné en l'absence totale de DUERP.
La visite d'information et de prévention
La visite d'information et de prévention (VIP) a remplacé la visite médicale d'embauche pour la plupart des postes. Menée par un professionnel du service de santé au travail, elle doit avoir lieu dans les 3 mois suivant la prise de poste, sur le temps de travail, rémunération maintenue. Elle débouche sur une attestation de suivi remise au salarié et à l'employeur, puis se renouvelle dans un délai maximum de 5 ans (3 ans pour un travailleur de nuit ou en situation de handicap reconnue). Ne pas organiser les examens médicaux obligatoires expose à 1 500 € d'amende. Les délais particuliers et les dispenses possibles sont traités dans notre guide sur la visite médicale d'embauche.
Ce qui change à 11, 20 et 50 salariés
Les seuils d'effectif déclenchent de nouvelles obligations, mais pas toutes selon la même règle de calcul. Pour les cotisations et plusieurs obligations sociales (effectif dit « sécurité sociale »), un seuil ne produit ses effets qu'après 5 années civiles consécutives de dépassement. Le CSE suit une logique différente : 11 salariés atteints pendant 12 mois consécutifs. Une TPE qui passe de 9 à 12 salariés ne change donc pas de régime du jour au lendemain.
| Obligation | 1 à 10 salariés | 11 à 49 salariés | 50 salariés et plus |
|---|---|---|---|
| DPAE, registre unique, contrat, VIP, mutuelle | Oui | Oui | Oui |
| DUERP | Oui, mis à jour à chaque changement | Oui, mis à jour au moins une fois par an | Oui, avec programme annuel de prévention |
| DSN | Au plus tard le 15 du mois suivant | Au plus tard le 15 du mois suivant | Au plus tard le 5 du mois suivant |
| Contribution à la formation professionnelle | 0,55 % de la masse salariale | 1 % (après 5 ans au-dessus du seuil) | 1 % |
| Comité social et économique (CSE) | Non | Oui, si 11 salariés pendant 12 mois consécutifs | Oui, avec attributions élargies |
| Obligation d'emploi de travailleurs en situation de handicap | Non | À partir de 20 salariés, après 5 ans | Oui |
| Règlement intérieur | Facultatif | Facultatif | Obligatoire |
| Sanction si entretiens de parcours non tenus | Dommages et intérêts en cas de litige | Dommages et intérêts en cas de litige | Abondement de 3 000 € sur le CPF |
Le seuil de 11 salariés est celui qui change le plus la vie d'une petite structure : une fois le CSE élu, l'employeur réunit la délégation du personnel au moins une fois par mois. Le simulateur d'obligations sociales de l'administration indique, pour un effectif donné, ce qui s'appliquera à la prochaine embauche.
Gérer dans la durée : formation et entretiens
Former et maintenir l'employabilité
L'employeur doit adapter le salarié à son poste et maintenir sa capacité à occuper un emploi. Aucun plan de formation formalisé n'est exigé en TPE. En revanche, licencier un salarié pour insuffisance professionnelle alors qu'on ne l'a jamais formé à un nouvel outil, c'est s'exposer à perdre devant le conseil de prud'hommes. L'opérateur de compétences (OPCO) de votre branche finance une partie des formations des entreprises de moins de 50 salariés : c'est vers lui qu'il faut se tourner avant de payer une formation de sa poche.
L'entretien de parcours professionnel
C'est l'obligation la plus mal connue des petites structures, et elle vient de changer. Depuis le 26 octobre 2025, l'entretien professionnel (tous les 2 ans) a laissé place à l'entretien de parcours professionnel. L'article L6315-1 du Code du travail prévoit désormais un premier entretien au cours de la première année suivant l'embauche, puis un entretien tous les 4 ans. Il porte sur les compétences du salarié, son parcours, ses besoins de formation et ses souhaits d'évolution. Tous les 8 ans, un état des lieux vérifie que le salarié a bénéficié de ses entretiens et d'au moins une formation, d'une certification ou d'une progression salariale ou professionnelle. Les accords collectifs qui prévoyaient une autre périodicité cessent de s'appliquer au 1er octobre 2026, sauf renégociation.
Ne le confondez pas avec l'entretien annuel d'évaluation, qui fait le bilan de l'année et fixe les objectifs : la loi ne l'impose pas, sauf si votre convention collective le prévoit.
Questions fréquentes sur les obligations de l'employeur
Quelles sont les 5 obligations principales de l'employeur ?
Aucune liste officielle n'en compte cinq, mais on peut les résumer ainsi : fournir le travail et payer au moins le minimum légal ou conventionnel, exécuter le contrat de bonne foi, protéger la santé et la sécurité, former, et organiser les entretiens de parcours professionnel. S'y ajoutent DPAE, registre et DSN.
Quelles démarches faire pour embaucher un premier salarié ?
Dans l'ordre : identifier la convention collective, adhérer à un service de santé au travail, souscrire une complémentaire santé collective, envoyer la DPAE dans les 8 jours qui précèdent l'arrivée, inscrire le salarié au registre unique du personnel le jour J, remettre les informations écrites sous 7 jours, établir le DUERP, puis transmettre la première DSN le 15 du mois suivant.
Que dit l'article L4121-1 du Code du travail ?
Il pose l'obligation générale de sécurité : l'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent des actions de prévention des risques, des actions d'information et de formation, et la mise en place d'une organisation et de moyens adaptés, à faire évoluer quand les circonstances changent.
La mutuelle d'entreprise est-elle obligatoire avec un seul salarié ?
Oui. Tout employeur privé doit proposer une complémentaire santé collective, dès le premier salarié et sans condition d'ancienneté. Il finance au moins 50 % de la cotisation. Le salarié peut demander une dispense dans certains cas prévus par les textes, notamment s'il est déjà couvert par ailleurs.
Quelle est la faute inexcusable de l'employeur ?
C'est la qualification retenue, après un accident du travail ou une maladie professionnelle, lorsque l'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger et n'a pas pris les mesures pour en protéger le salarié. Elle ouvre droit à une indemnisation majorée pour la victime. Un DUERP absent ou jamais mis à jour pèse lourd dans ce type de dossier.
Si je devais retenir une seule chose de mes années à accompagner des dirigeants de TPE, ce serait celle-ci : les employeurs sanctionnés sont rarement de mauvaise foi. Ils ont presque toujours fait les choses dans le mauvais ordre. La DPAE envoyée après l'arrivée, la mutuelle souscrite trois mois plus tard, le DUERP rédigé le jour du contrôle. Rien de tout cela n'est difficile pris isolément. Ce qui manque, c'est un calendrier. Prenez celui de ce guide, adaptez-le à votre convention collective, et collez-le dans le dossier de chaque salarié. Le reste suivra.
Sources
- Entreprendre Service Public : procédure et formalités d'embauche d'un salarié du secteur privé
- Entreprendre Service Public : registres obligatoires dans l'entreprise
- Entreprendre Service Public : le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP)
- Entreprendre Service Public : obligations d'affichage dans une entreprise
- Entreprendre Service Public : obligation de l'employeur en matière de complémentaire santé
- Entreprendre Service Public : période d'essai pour un salarié
- Entreprendre Service Public : déclaration sociale nominative (DSN)
- Entreprendre Service Public : obligations sociales selon les seuils d'effectif
- Entreprendre Service Public : comité social et économique (CSE)
- Service Public : montant du Smic
- Ministère du Travail : revalorisation du SMIC au 1er juin 2026
- Service Public : la visite d'information et de prévention
- Service Public : l'entretien de parcours professionnel
- Service Public : l'entretien d'évaluation professionnelle
- Urssaf : contribution à la formation professionnelle
- Ministère du Travail : les obligations de l'employeur lors de l'embauche
- Code du travail, article L4121-1
- Code du travail, article L1221-13
- Code du travail, article L6315-1
- Code du travail, article R4121-2
- Net-entreprises.fr : portail des déclarations sociales
Dernière vérification des textes : septembre 2026.
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