Relance de facture impayée : calendrier et modèles de courriers

Par Laure Mazerolle · mis à jour le 4 octobre 2026

Relance de facture impayée : calendrier et modèles de courriers

À retenir

  • Le délai de paiement par défaut entre professionnels est de 30 jours, avec un maximum légal de 60 jours ou 45 jours fin de mois
  • La relance n'est pas une étape obligatoire mais elle est utilisée quasi systématiquement avant la mise en demeure
  • L'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros est due dès le premier jour de retard
  • Les pénalités de retard ne peuvent pas être inférieures à 8,25 pourcent, soit trois fois le taux d'intérêt légal
  • Depuis le 1er septembre 2026, l'ordonnance d'injonction de payer doit être signifiée dans un délai de 3 mois

Une facture reste impayée après son échéance : la première chose à faire est d'envoyer une relance, par mail, téléphone ou courrier. Ce n'est pas une obligation légale, mais c'est l'étape que suivent presque toutes les entreprises avant d'engager une mise en demeure, puis, si besoin, une procédure judiciaire.

Qu'est-ce qu'une relance de facture impayée ?

La relance est le premier contact que l'entreprise établit avec son client après avoir constaté qu'une facture n'a pas été payée à son échéance. Elle peut prendre la forme d'un appel téléphonique, d'un mail ou d'une lettre, et elle rappelle simplement au client qu'il doit régler la somme due. Selon la fiche officielle Service Public Entreprendre, le recouvrement amiable d'une créance se fait en deux étapes qui ne sont pas obligatoires : la relance, puis la mise en demeure.

La relance n'est donc pas un passage obligé avant d'engager des poursuites. Mais dans la pratique, elle est utilisée quasi systématiquement par les entreprises qui souhaitent récupérer leurs impayés, et ce sont généralement les services comptables qui s'en chargent. Une créance ne peut être recouvrée à l'amiable que si sa date de paiement est dépassée et qu'elle n'a pas encore été réglée par le client : une facture non encore échue ne se relance pas, elle se rappelle au mieux de façon préventive.

Faut-il toujours relancer un client qui ne paie pas ?

Non, et c'est un point que la plupart des guides sur le sujet passent sous silence. La relance est particulièrement utile lorsque le retard de paiement résulte d'un oubli du client ou d'une difficulté passagère de trésorerie. Dans ce cas, un simple rappel suffit souvent à débloquer la situation.

En revanche, lorsque le non-paiement est lié à un différend commercial (livraison contestée, prestation jugée non conforme, désaccord sur le montant), la relance perd son utilité. Il faut d'abord chercher une solution au litige avec le client avant toute démarche de recouvrement amiable. Relancer un client en conflit sans traiter le fond du désaccord ne fait souvent qu'envenimer la relation, sans accélérer le paiement.

Autre point à connaître : si une première relance ne fonctionne pas, il n'est pas utile d'en envoyer une deuxième ou une troisième dans l'espoir que le client change d'avis. La fiche officielle est claire sur ce point : il faut alors passer directement à la mise en demeure plutôt que de multiplier les rappels sans effet.

Pendant qu'une relance est en cours, il peut aussi être utile d'alerter le service commercial de l'entreprise, pour éviter que de nouvelles commandes soient prises auprès du même client ou que des conditions de paiement particulières lui soient accordées tant que l'impayé n'est pas réglé.

Délai relance facture impayée : quand envoyer la première relance ?

C'est la question la plus fréquente, et aucune source officielle ne fixe de délai précis entre l'échéance de la facture et l'envoi de la première relance : ce choix relève de la politique de recouvrement de chaque entreprise. Ce qui est en revanche encadré, c'est le délai de paiement lui-même.

Lorsque le client est un particulier, le paiement est en principe exigible immédiatement : on parle de paiement comptant, sans délai accordé par défaut. Lorsque le client est un professionnel, le délai de paiement varie entre 30 et 60 jours, et dépend du secteur d'activité du vendeur. Ce n'est qu'à l'issue de ce délai que le paiement devient exigible, et c'est donc seulement à partir de cette date que la relance a un sens juridique.

En l'absence d'accord particulier entre les parties, le délai de paiement par défaut entre professionnels est de 30 jours à partir de la réception de la marchandise ou de la réalisation de la prestation. Les entreprises peuvent convenir d'un délai plus long, dans la limite de 60 jours à partir de la date d'émission de la facture, ou de 45 jours fin de mois. Ce délai maximal doit obligatoirement figurer sur la facture et dans les conditions générales de vente.

Concrètement, pour une facture émise le 1er août 2026 avec un délai convenu de 45 jours fin de mois, deux méthodes de calcul existent selon ce qui a été choisi dans les conditions commerciales : soit la fin du mois suivant l'ajout de 45 jours à la date d'émission, soit un autre mode de calcul contractuel. Dans tous les cas, c'est seulement une fois ce délai écoulé, et la facture devenue exigible, que des pénalités de retard et une relance ont une base solide.

Des mentions obligatoires sur une facture permettent justement de fixer sans ambiguïté la date d'émission et le délai de paiement convenu : sans elles, il devient difficile de prouver à quelle date la créance est devenue exigible.

1ère relance facture impayée : par mail, téléphone ou courrier ?

La première relance se fait le plus souvent par téléphone et par écrit, en parallèle ou l'un après l'autre. L'objectif à ce stade n'est pas de menacer, mais de rappeler factuellement que la facture n'a pas été réglée et de comprendre pourquoi.

Le coup de téléphone

Un appel permet d'obtenir une réponse immédiate : le client a-t-il simplement oublié, attend-il une rentrée d'argent, conteste-t-il un point de la prestation ? Selon la réponse, la suite de la relance ne sera pas la même. Un appel sans trace écrite doit cependant être suivi d'un mail ou d'un courrier pour garder une preuve de la démarche.

Le mail de relance

Le mail est rapide, peu coûteux, et constitue une trace écrite datée. Il convient pour une première relance, surtout lorsque la relation commerciale est bonne et que le retard est probablement involontaire.

La lettre de relance

La lettre, simple ou recommandée, est utilisée quand le mail et l'appel n'ont pas suffi, ou d'emblée pour des clients avec lesquels les échanges sont déjà tendus. Elle marque un cran de formalisme supplémentaire avant la mise en demeure proprement dite.

Mail de relance facture impayée : exemples à adapter

Voici trois formulations à adapter selon le degré d'urgence. Elles montent progressivement en fermeté, ce qui correspond à la logique de progressivité attendue par les clients comme par les tribunaux en cas de litige ultérieur.

Mail avant échéance (rappel préventif)

Je vous remercie de bien vouloir procéder au règlement à cette date. N'hésitant pas à vous solliciter en cas de question sur cette facture, je reste à votre disposition.

1ère relance après échéance

Il s'agit peut-être d'un oubli de votre part. Je vous remercie de bien vouloir procéder au règlement dans les meilleurs délais, ou de me contacter si un point particulier fait obstacle à ce paiement.

2e relance, ton plus ferme

Madame, Monsieur,

À défaut, je me verrai contraint d'engager les démarches de recouvrement prévues, notamment l'envoi d'une mise en demeure.

Exemple de lettre de relance facture impayée (modèle à adapter)

Lorsque la relance par mail ou téléphone reste sans effet, la lettre de relance formalise la démarche par écrit. Elle peut ensuite servir de base à une mise en demeure si le client continue de ne pas répondre. Pour être qualifiée juridiquement de mise en demeure, une lettre doit comporter une interpellation suffisante : elle doit être rédigée dans des termes suffisamment clairs et formels. L'envoi se fait par lettre recommandée avec accusé de réception.

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Modèle à recopier et adapter







Madame, Monsieur,





À défaut de règlement dans ce délai, je me verrai contraint d'engager les démarches de recouvrement judiciaire à votre encontre, notamment une procédure d'injonction de payer, sans préjudice des pénalités de retard et de l'indemnité forfaitaire de recouvrement déjà exigibles.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

La mise en demeure n'est en principe utilisée que par le créancier, mais le débiteur peut lui aussi y recourir dans certains cas, par exemple lorsque le créancier refuse de recevoir le paiement qui lui est dû ou qu'il met tout en œuvre pour empêcher le débiteur de payer sa créance.

Calendrier de la relance à la mise en demeure

Aucune source officielle ne fixe de délai précis entre chaque étape du recouvrement amiable d'une facture professionnelle : c'est à chaque entreprise de construire son propre calendrier, en fonction de la relation commerciale et du montant en jeu. Voici un enchaînement courant, à titre indicatif, qui n'a rien d'une obligation légale.

ÉtapeMomentCanal conseilléCaractère légal
Rappel préventifQuelques jours avant l'échéanceMail ou appelNon obligatoire
Échéance de la factureDate indiquée sur la facture Point de départ des pénalités de retard
1ère relanceAprès l'échéance, sans délai légal fixeMail et/ou téléphoneNon obligatoire, usage quasi systématique
2e relanceSi la 1ère reste sans réponseMail ou lettre simpleNon obligatoire
Mise en demeureSi la relance échoueLettre recommandée avec accusé de réceptionNon obligatoire, mais généralement utilisée avant une action judiciaire
Injonction de payerSi la mise en demeure reste sans effetRequête au tribunalProcédure judiciaire

Un point mérite d'être signalé : dans certains secteurs très réglementés, les délais entre relances sont au contraire fixés précisément par la loi. C'est le cas, par exemple, des impayés de factures d'énergie pour les particuliers : un fournisseur de gaz ou d'électricité doit attendre 14 jours après l'émission de la facture avant d'envoyer un premier courrier, lequel accorde 15 jours supplémentaires, avant un second courrier ouvrant un dernier délai de 20 jours. Rien de comparable n'existe pour les relances de factures entre professionnels, ce qui laisse à chaque entreprise la liberté d'organiser son propre rythme de relance.

Exemple : une facture d'artisan payée en retard

Prenons le cas d'un plombier qui facture une intervention à un client professionnel. La facture est émise le 1er août 2026, avec un délai de paiement convenu de 45 jours fin de mois. Le client règle finalement avec du retard par rapport à l'échéance contractuelle.

Dès le lendemain de l'échéance non respectée, des pénalités de retard commencent à courir, sans qu'une mise en demeure soit nécessaire pour les déclencher. Ces pénalités ne peuvent pas être inférieures à 8,25 %, soit trois fois le taux d'intérêt légal, et le taux applicable au second semestre 2026 (taux de la Banque centrale européenne majoré de 10 points) s'élève à 12,40 %. Ce taux s'applique au montant de la facture jusqu'au règlement effectif.

À cette somme s'ajoute l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros, due automatiquement dès le premier jour de retard, sans qu'il soit nécessaire de la réclamer par avance : elle est prévue par le Code de commerce. Un artisan qui facture régulièrement en retard gagnerait à intégrer ce calcul directement dans ses relances, pour rappeler au client que le retard a un coût.

Faire appel à une société de recouvrement

Lorsque la relance interne ne suffit pas, certaines entreprises font appel à une société de recouvrement amiable, qui agit pour le compte du créancier après signature d'une convention. Cette société doit d'abord envoyer une lettre de mise en demeure, par courrier simple ou recommandé, qui doit préciser l'identité du créancier, l'origine et le montant des sommes dues, ainsi que l'information que la société exerce une activité de recouvrement amiable. Lors de ses interventions suivantes, elle doit rappeler la date d'envoi et la référence de cette lettre.

Point important pour un client débiteur comme pour l'entreprise créancière : la société de recouvrement ne peut pas facturer au débiteur les frais qu'elle engage pour le contacter, par exemple les frais de rédaction et d'envoi d'une lettre recommandée. Ces frais doivent être facturés au créancier lui-même, pas répercutés sur le client en défaut de paiement.

Quand passer au recouvrement judiciaire ?

Si la mise en demeure reste sans effet, l'entreprise peut engager une procédure judiciaire. La plus utilisée pour une créance certaine, dans son montant et arrivée à échéance, est l'injonction de payer. Elle permet d'obtenir un titre exécutoire contre un débiteur qui ne paye pas, sans nécessairement passer par un procès classique.

Entre professionnels, lorsque le créancier et le débiteur sont tous deux commerçants, c'est le tribunal de commerce (ou des activités économiques) qui est compétent. Le créancier doit joindre à sa requête les documents qui justifient l'existence de la créance, et doit s'acquitter de frais de greffe de 33,47 euros dans les 15 jours suivant la présentation de la requête.

Depuis le 1er septembre 2026, un changement important concerne les délais : l'ordonnance portant injonction de payer doit être notifiée au débiteur dans un délai de 3 mois, contre 6 mois auparavant.

Si le juge estime la requête seulement partiellement fondée, il peut prononcer une injonction de payer pour une partie de la somme réclamée : le créancier doit alors choisir entre renoncer à la procédure pour engager une action judiciaire classique, ou poursuivre l'exécution de l'ordonnance sans pouvoir réclamer le solde par une autre procédure. Cette mécanique mérite d'être connue avant de chiffrer une requête de façon trop optimiste.

Une bonne gestion des relances s'inscrit plus largement dans le suivi de la facturation et de l'encaissement de l'entreprise : plus les factures sont émises avec des mentions complètes et un délai de paiement clair, plus la relance, si elle devient nécessaire, repose sur une base solide.

Pourquoi ne pas attendre avant de relancer ?

Une entreprise qui constate des retards de paiement de la part de ses clients doit réagir rapidement. Attendre ne rend pas le client plus solvable, et laisse courir les pénalités de retard dont le montant augmente avec le temps écoulé. Un impayé qui traîne pèse aussi sur la trésorerie, un sujet directement lié au seuil de rentabilité de l'activité : une facture non encaissée reste une charge de trésorerie, même si elle est déjà comptabilisée comme du chiffre d'affaires.

Faut-il pour autant relancer au jour près après chaque échéance dépassée ? Pas nécessairement. Certaines entreprises préfèrent laisser quelques jours de battement, le temps que les virements habituels arrivent, avant de déclencher une relance automatique. D'autres, notamment pour des montants élevés, relancent dès le lendemain de l'échéance. Les deux approches sont défendables, à condition de rester cohérent avec sa propre politique de recouvrement.

Questions fréquentes

Combien de relances faut-il envoyer avant une mise en demeure ?

Aucun nombre n'est imposé par les textes. Si une première relance ne fonctionne pas, il n'est pas nécessaire d'en envoyer d'autres : l'entreprise peut passer directement à la mise en demeure. La relance elle-même n'est pas un préalable obligatoire à l'envoi d'une mise en demeure ou à une assignation en paiement devant le tribunal.

Un mail de relance a-t-il une valeur juridique suffisante ?

Un mail constitue une trace écrite datée, utile en cas de litige, mais il ne remplace pas une mise en demeure formelle. Pour être qualifiée de mise en demeure, une lettre doit comporter une interpellation suffisante et être envoyée, le plus souvent, par lettre recommandée avec accusé de réception.

Doit-on toujours relancer avant d'engager une mise en demeure ?

Non. La relance n'est pas une étape obligatoire. Une entreprise peut envoyer directement une mise en demeure sans relance préalable, notamment lorsque le litige avec le client rend une relance inutile.

Les pénalités de retard courent-elles dès l'échéance ou seulement après la mise en demeure ?

Entre professionnels, les pénalités de retard sont dues à partir de la date à laquelle le paiement aurait dû être effectué, par exemple la date indiquée sur la facture. La mise en demeure ne les déclenche pas : elle marque la fin du cours des intérêts qui ont commencé à courir dès le défaut de paiement.

Que risque un client qui ne paie toujours pas après une mise en demeure ?

L'entreprise peut engager une procédure d'injonction de payer devant le tribunal de commerce ou le tribunal judiciaire, selon les parties concernées. Une fois l'ordonnance obtenue, elle doit être signifiée au débiteur dans un délai de 3 mois depuis le 1er septembre 2026, contre 6 mois auparavant.

Une société de recouvrement peut-elle facturer ses frais au client débiteur ?

Non. Les frais engagés par une société de recouvrement pour contacter le débiteur, par exemple les frais de lettre recommandée, doivent être facturés au créancier et ne peuvent pas être répercutés sur le client qui n'a pas payé.

Relancer une facture impayée n'est jamais agréable, et beaucoup de dirigeants d'entreprise retardent cette démarche par crainte d'abîmer la relation commerciale. C'est pourtant l'inverse qui se produit le plus souvent : un client qui reçoit un rappel clair, factuel et sans agressivité paie généralement plus vite qu'un client laissé sans nouvelles. La fermeté progressive, du mail cordial jusqu'à la mise en demeure si nécessaire, protège à la fois la trésorerie de l'entreprise et, paradoxalement, la relation avec le client, en évitant que l'impayé ne s'éternise jusqu'à devenir un sujet de tension bien plus lourd.

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À propos de l'auteure

Laure Mazerolle, rédactrice en chef. Douze ans à accompagner des dirigeants de TPE dans leurs premières années d'activité, avant de prendre la rédaction. Chaque guide est vérifié sur les textes officiels.