Les Crédits à long terme

Les crédits à long terme, appelés aussi «prêts senior» (senior debt en anglais) sont des outils de financement à moyen et long terme aux caractéristiques parfois sophistiquées. Leur durée, leur rémunération et leurs modalités de remboursement sont déterminées lors de la conclusion du contrat, et leur octroi nécessite souvent que l'emprunteur fournisse des garanties de remboursement (voir plus loin).

Crédit d'investissement

Principe :

Prêt à moyen ou long terme accordé à l'entreprise pour lui permettre d'effectuer un investissement bien défini.
Le nombre et le rythme des décaissements dépendent de la nature de l'investissement (un seul versement pour l'achat d'une machine, plusieurs versements échelonnés sur la durée des travaux pour la construction d'un entrepôt). Le remboursement du capital s'effectue par tranches selon un plan convenu à l'avance.

Avantages :

Les modalités de remboursement sont en général adaptées à l'investissement envisagé. La période de grâce, en particulier, permet à l'entreprise de reporter les premières échéances au moment où l'investissement commence à devenir productif.
Le plan de remboursement clairement défini facilite la gestion de la trésorerie.

Utilisation :

Acquisition de biens immobiliers, de biens d'équipement, de matériel, d'actifs incorporels (brevet, étude de marché), d'actions, etc.

Devise :

EUR, USD, ou devise locale.

Durée :

3 à 12 ans maximum, en fonction du profil de risque du pays, de la capacité financière de l'entreprise, et de la durée de vie économique de l'investissement.

Coût :

Le taux d'intérêt demandé par le bailleur de fonds est calculé à partir d'un taux de référence, par exemple le taux directeur d'une banque centrale, auquel on rajoute un pourcentage qui dépendra de la santé financière de l'emprunteur, de la nature de l'activité et du risque lié au pays dans lequel l'investissement aura lieu.

Conditions d'octroi :

Les institutions de financement, qu'elles soient publiques ou privées, soumettent l'octroi d'un prêt au respect strict de conditions qui concernent :

  • la viabilité du projet : pour bénéficier d'un financement, le projet d'investissement doit être suffisamment rentable;
  • le caractère éthique du projet : les organismes internationaux sont particulièrement vigilants au respect des conditions de travail, à l'interdiction du travail des enfants, à l'impact environnemental et à l'impact positif sur la communauté;
  • les secteurs d'activité : certaines banques, IMF et organismes internationaux concentrent leur action sur un nombre restreint de secteurs de l'économie (plus de renseignements sur le site Internet des différentes institutions ou auprès de leur représentation locale);
  • les garanties  : le prêteur peut exiger des garanties qui dépendront de la nature et de l'étendue du projet (voir la section sur les garanties).

Conditions de remboursement :

PLAN DE REMBOURSEMENT:

Le plan de remboursement fait partie de la convention de crédit. Deux options s'offrent à l'investisseur:

  • les échéances constantes : l'emprunteur rembourse la même somme pendant toute la durée du crédit, mais chaque tranche comporte une part variable d'intérêts et de principal (remboursement du capital). La part des intérêts est très élevée au début, et diminue au fur et à mesure des remboursements;
  • l'amortissement constant (remboursement dégressif): à chaque échéance, l'emprunteur rembourse une part constante du capital. À cette somme s'ajoute un intérêt calculé sur le solde restant dû (le capital qu'il reste à rembourser). La part d'intérêt diminue au fil du temps, et avec elle le montant total de chaque versement.

Malgré son coût total plus élevé, les entreprises préfèrent généralement le plan de remboursement à échéances constantes. En effet, savoir que la somme déboursée sera la même chaque mois facilite la gestion de la trésorerie. De plus, les premiers versements sont moins élevés qu'avec l'amortissement constant, ce qui allège la charge de remboursement de l'entreprise à un moment où l'investissement n'est pas encore totalement productif.

Période de grâce :

Si l'investissement ne génère pas immédiatement de revenus (construction d'une usine, temps d'installation d'une machine, ...), l'emprunteur peut bénéficier d'une période de grâce pour le remboursement du capital, voire des intérêts.
Cette période dure en général de 6 mois à 1 an, mais peut dans certains cas atteindre trois ans.
Si la période de grâce est également appliquée aux intérêts, ces derniers restent cependant dus. Ils seront calculés par la banque et capitalisés (rajoutés au principal).

Institutions Financières de Développement

Institutions bilatérales européennes :

La plupart des institutions bilatérales n'interviennent directement que dans le cadre d'investissements conséquents (supérieurs à 1 million d'€). Il s'agit souvent de projets d'infrastructure (routes, énergie, télécommunications). Lorsque des projets plus modestes sont pris en compte, les prêts sont :

  • consentis en euros ou en dollars;
  • parfois remboursables en devises locales (ce qui limite le risque de change pour l'emprunteur);
  • d'une durée de un à douze ans;
  • limités au secteur privé;
  • assortis de conditions de nationalité : l'un des partenaires du projet doit souvent être une entreprise européenne, voire ressortissant du pays dont dépend l'organisme bilatéral;
  • parfois limités à la moitié du coût total du projet.

Elles contribuent cependant souvent au financement de projets plus modestes par le biais d'aides ou de participations directes dans le secteur du microcrédit.

Institutions régionales européennes :
  • La BEI n'intervient directement que dans les projets d'envergure (de 3 à 5 millions d'€). Cependant, elle octroie des lignes de crédit aux banques commerciales afin de leur permettre de participer au financement de projets locaux portés par des PME (plus de détails dans les fiches «pays»).
Institutions régionales africaines :

Les institutions régionales africaines marquent également une préférence pour les projets importants. Certaines financent néanmoins des investissements de plus petite envergure. En général, les prêts sont :

  • consentis en euros, en dollars ou en monnaie locale;
  • destinés au secteur public comme au secteur privé;
  • assortis de conditions de nationalité : elles n'interviennent qu'à l'intérieur de leur région;
  • d'une durée de un à douze ans, avec deux exceptions;

La Banque Africaine de Développement qui propose des «prêts-projets» remboursables sur une période de 50 ans !
La Banque Islamique de développement qui accorde des prêts remboursables en 15 à 25 ans (avec une période de grâce de 3 à 7 ans), qui ne sont soumis à aucun intérêt hormis une commission de gestion de 2,5% par an. Les projets situés dans les pays les moins favorisés peuvent bénéficier de conditions encore plus souples.

Certaines institutions n'octroient pas de crédit mais proposent d'alléger la charge de remboursement des entreprises. Deux systèmes sont proposés, conjointement ou séparément :

  • bonification d'intérêts : l'organisme prend à sa charge une partie des intérêts. Soit l'entreprise remboursera l'intervention après l'échéance du prêt, soit elle est dispensée de remboursement (subvention);
  • allongement de la durée de crédit : le coût de l'opération sera remboursé par le bénéficiaire après l'échéance de l'emprunt.
Institutions multilatérales :
  • L'IFC accorde des prêts directs pour les montants supérieurs à un million d'€, et finance également de plus petits projets au moyen de lignes de crédits accordées aux organismes financiers locaux. A travers « SME Ventures », IFC offrira du capital à risque et de l'assistance technique à des PME. En Afrique, ce programme pilote se déroule en Sierra Leone, au Liberia, en RDC et en République Centrafricaine.
 

Crédit-bail ou leasing

Principe :

Contrat à moyen ou long terme conclu par l'entreprise pour lui permettre d'effectuer un investissement bien défini.
L'institution financière acquiert le bien et le met à disposition de l'emprunteur en échange d'un loyer périodique qui comprend :

  • le remboursement du montant financé. Ce montant est obtenu en faisant la différence entre la valeur d'acquisition du bien et sa valeur résiduelle à l'échéance de la convention. Cette valeur résiduelle est déterminée à la conclusion du contrat et sera en général inférieure à la valeur réelle du bien;
  • des intérêts calculés non sur la valeur totale du bien mais sur le montant financé.

En général, l'entreprise dispose d'une option d'achat. À l'échéance du contrat, elle peut:

  • exercer l'option et acheter le bien au prix convenu lors de la conclusion du contrat (la valeur résiduelle);
  • ne pas exercer l'option et restituer le bien au prêteur;
  • vendre l'option à un tiers qui l'exercera.

La nature du leasing implique que la durée du contrat est inférieure à la durée de vie du bien d'équipement qui en fait l'objet.

Avantages :

Le financement ne porte pas sur l'entièreté de la valeur du bien, mais uniquement sur la différence entre la valeur d'acquisition et la valeur résiduelle à l'échéance. Le montant financé est donc moins important que dans le cas d'un simple crédit d'investissement, ce qui allège à la fois la charge d'intérêt et le montant des remboursements périodiques.
Le montant des loyers est constant du début à la fin du contrat, ce qui permet à l'entreprise une gestion plus efficace de sa trésorerie.
Sous certaines conditions, le leasing est considéré comme une simple location et ne sera pas repris comme dette au bilan de l'entreprise, ce qui améliore son profil de crédit.

Utilisation :

Acquisition de biens immobiliers, de biens d'équipement, de véhicules ou de matériel.

Devise :

EUR, USD, ou devise locale.

Durée :

Inférieure à la durée de vie économique de l'investissement.

Coût :

Le taux d'intérêt utilisé est plus élevé que pour l'emprunt à long terme. Cependant, l'intérêt n'est calculé que sur le montant financé (la différence entre la valeur d'acquisition et la valeur en fin de contrat).

Conditions d'octroi :

L'octroi d'un leasing est soumis à des conditions plus strictes qu'un simple financement à long terme, car les risques encourus par le prêteur sont plus élevés. 
En effet, ce dernier doit non seulement acheter le bien, mais également le revendre au terme du contrat si l'entrepreneur n'exerce pas son option d'achat. 
L'existence de possibilités de leasing et leur coût seront donc fortement influencés par :

la nature du bien d'investissement concerné, et en particulier l'existence d'un marché de l'occasion;
la stabilité économique et politique du pays;
la rentabilité du projet, qui doit être plus élevée que pour un simple prêt.
En dehors de ces conditions particulières, la plupart des organismes de financement s'assurent également:
du caractère éthique du projet : respect des conditions de travail, interdiction du travail des enfants, impact positif sur l'environnement et la communauté locale;
du secteur dans lequel évolue l'entreprise : certaines banques, IMF et organismes internationaux concentrent leur action sur un nombre restreint de secteurs de l'économie (plus de renseignements sur le site Internet des différentes institutions ou auprès de leur représentation locale).

Conditions de remboursement :

Le plan de remboursement fait partie de la convention de crédit-bail.
Le montant des loyers est constant. Leur nombre et leur périodicité sont déterminés au moment de la conclusion du contrat.

Institutions Financières de Développement

Institutions bilatérales européennes :
  • Ne proposent pas ce type de produit financier.
Institutions régionales européennes :
  • Ne proposent pas ce type de produit financier.
Institutions régionales africaines :
  • Seules la BOAD et la Banque Islamique de développement offrent directement des solutions de leasing.
Institutions multilatérales :
  • Ne proposent pas ce type de produit financier.